Argent et plaisir : Libérez-vous de vos loyautés familiales

Vous est-il déjà arrivé de ressentir une bouffée d’angoisse au moment de consulter votre compte en banque, alors qu’il est (pour une fois) dans le vert ? Ou de vous sentir bizarrement « coupable » après un moment de pur plaisir, comme si vous aviez volé quelque chose à quelqu’un ?

Si vous avez entre 25 et 35 ans, que vous essayez de construire votre vie de femme libre, mais que vous avez l’impression d’avancer avec un boulet invisible au pied, cet article est pour vous. Spoil : ce n’est probablement pas un manque de volonté. C’est ce qu’on appelle en psychopraxie le conflit d’allégeance.

Pourquoi réussir fait peur ?

On nous répète à longueur de journée qu’il faut « manifester l’abondance » et « jouir de la vie ». Super programme sur le papier. Mais dans la réalité de notre cerveau archaïque, réussir = changer. Et changer, c’est risquer de ne plus ressembler à sa famille.

Si vous venez d’un milieu ouvrier ou d’une lignée où l’on a « trimé » pour chaque centime, gagner votre vie avec fluidité peut être perçu par votre inconscient comme une trahison. C’est le fameux : « Si je gagne plus que mon père, est-ce que je fais toujours partie de la famille ? » ou « Si je suis plus heureuse en amour que ma mère, est-ce que je ne suis pas en train de l’abandonner dans sa souffrance ? »

Le saviez-vous ? Le concept de loyauté invisible, théorisé par le psychiatre Ivan Boszormenyi-Nagy, explique que nous restons souvent « bloquées » dans des situations précaires ou insatisfaisantes par pur amour inconscient pour nos ancêtres. On reste dans la galère pour rester dans le clan. Sympa, le cadeau de Noël, non ?

De la fiche de paie à la chambre à coucher : même combat

En tant que sexothérapeute, je vois souvent ce pont direct : notre rapport à l’argent est le miroir de notre rapport au plaisir.

  • L’argent, c’est de l’énergie.
  • Le plaisir, c’est de l’expansion.

Si vous avez intégré la croyance que « la vie est un combat » ou que « le plaisir se mérite par la souffrance », votre corps va se crisper dès que les choses deviennent trop faciles.

On retrouve alors cette carapace défensive : on se coupe de ses sensations, on contrôle tout, on devient « vieille avant l’âge ». On finit par se dire qu’on ne mérite pas cette promotion, ou ce partenaire qui nous traite enfin bien. On s’auto-sabote pour revenir à un état de « survie » familier. C’est inconfortable, certes, mais c’est connu. Et le cerveau adore ce qui est connu (même si c’est nul).

Sortir du mode survie : 3 pistes pour enfin « s’autoriser »

Alors, comment on fait pour ne plus s’excuser d’exister ?

Identifier la « dette » imaginaire

Prenez un papier et un stylo. Quelle phrase auriez-vous l’impression de dire à vos parents si vous deveniez riche et sexuellement épanouie ?

  • « Regardez, moi j’y arrive et pas vous ? » * Si cette phrase vous fait horreur, c’est que la loyauté est là. Nommer la dette, c’est déjà commencer à l’effacer.

Pratiquer la « sécurité intérieure »

Votre mental de survie panique devant le changement. Pour le calmer, pas besoin d’affirmations positives hurlées devant le miroir (qui finissent souvent par nous agacer plus qu’autre chose). Essayez plutôt la douceur. Apprenez à votre système nerveux que le confort n’est pas un danger. Un bon bain, une sieste sans culpabiliser, une petite rentrée d’argent fêtée sans peur du lendemain… apprivoisez le « mieux ».

Redéfinir la loyauté

Et si la meilleure façon d’honorer vos ancêtres qui ont souffert, c’était précisément de profiter de la liberté qu’ils n’ont pas eue ? Être heureuse n’est pas une insulte à leur mémoire, c’est l’aboutissement de leurs sacrifices

Si vous vous sentez « bloquée », épuisée nerveusement ou que vous avez ce nœud persistant dans la gorge à l’idée de prendre votre place, sachez une chose : vous n’êtes pas un problème à résoudre. Vous êtes une femme en pleine transition, en train de muer.

Le voyage vers soi est parfois terrifiant parce qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. Mais je vous promets que de l’autre côté de la peur, il y a une liberté qui n’a pas de prix.

Et vous, quelle loyauté vous empêche de briller aujourd’hui ?

Sources inspirantes pour aller plus loin :

  • Ivan Boszormenyi-Nagy, « Loyautés invisibles ».
  • Anne Ancelin Schützenberger, « Aïe, mes aïeux ! » (sur la psychogénéalogie).
  • Travaux de recherche sur le traumatisme de développement et le système nerveux (Théorie Polyvagale de Stephen Porges).

[instagram-feed]